Livret d’épargne, publicité et concurrence
Depuis la mi-décembre 2009, cBanque diffuse du contenu consacré à l’offre de livret bancaire en France. Cette nouvelle partie du site présente les livrets commercialisés dans les banques, une sorte de comparatif permanent.
Ce contenu marque un tournant pour cBanque. Jusqu’à présent, le contenu rédactionnel était plutôt générique. On parlait du Livret A, du Plan d’épargne logement ou des remboursements anticipés de crédit, mais sans dire ce qui se passait au Crédit Agricole ou à la Société générale. C’est sans doute une évolution nécessaire, un peu à la manière de magazine comme MVVA.
Ce nouveau développement a aussi été l’occasion de travailler plus étroitement avec un web designer indépendant et je suis satisfait du résultat. (du coup, il faut que je me penche sérieusement sur le reste du site…)
La grosse difficulté de ce dossier aura été de modéliser les taux de rémunérations. Dans le cahier des charges, je voulais gérer un historique des taux et pouvoir gérer des changements à venir. Mais aussi pouvoir gérer des taux uniques ou des taux multiples en fonction de tranches ou de seuils de solde. Tout ca fonctionne. On a pu intégrer le changement de taux au 1er janvier du Livret Orange d’ING direct dès le 31/12 et déjà celui du Livret Binck au 1er février 2010.
Reste maintenant à compléter l’offre des livrets suivis et surveiller les taux en permanence. Ensuite, il y aura l’épreuve du changement de taux du Livret A, ce moment où l’ensemble des banques ajustera le taux de ses livrets bancaires.
Le modèle économique de cBanque
cBanque se positionne clairement comme un média d’information. Le site est sur le même modèle économique que la presse en ligne avec une rémunération par la publicité. Mais avec un contenu rédactionnel complètement (on va dire quasi complètement) indépendant de la publicité.
C’est très différent des sites qui privilégient l’affiliation. Pour le lecteur non averti, l’affiliation est un partenariat entre un annonceur (une banque, pour notre exemple) et un diffuseur (le site internet), en passant le plus souvent par un intermédiaire (une plateforme d’affiliation). Le site internet est rémunéré à l’acte d’achat. Ainsi, si vous souscrivez en ligne un livret bancaire en cliquant sur un lien ou une bannière d’un site internet comme jechange.fr ou comparalivrets.fr, ledit site touchera 10, 20 voire 30 euros. A l’inverse, s’il n’y a pas de souscription, il n’y aura pas de rémunération.
Pour ma part, je préfère pour cBanque un modèle similaire aux magazines papier. Dans un magazine, vous avez du contenu rédactionnel sur la page de gauche et une grande publicité sur la page de droite. Le consommateur n’est pas piégé, il reconnait les parties publicitaires du magazine, et il comprend que le magazine soit payé pour cette diffusion. Seule différence avec un magazine papier, on délivre de l’information gratuitement.
Je trouve ce système d’affiliation plutôt pervers (bizarrement, je sens que mes confrères du web ne vont pas apprécier mes propos) car il pousse à mettre en avant les offres commerciales les plus rentables (pour le diffuseur) et il pousse à créer de nouveaux sites internet uniquement sur ces affiliations.
Passe encore quand l’affiliation est bien identifiable comme étant une zone publicitaire. Mais quand il y a un mélange entre le contenu rédactionnel et l’affiliation (qui est alors bien plus efficace) ou encore lorsque le lien proposé (exemple : http://mabanque.fr) est en réalité un lien d’affiliation, c’est carrément de la tromperie. Je ne serai pas surpris que le législateur se penche sur ce problème dans quelques temps.
La concurrence sur les livrets bancaires
Bref, tout ca pour dire que cBanque va se frotter aux affiliés des livrets bancaires. Mais contrairement à certains, on vous parlera du Livret BforBank même s’il ne propose pas d’affiliation.
Comparalivrets.fr édité par la société Comparagroup créée en 2009 avec un capital de 3.000 €. La société édite plusieurs sites uniquement basés sur l’affiliation : comparavie, comparabourse, comparabanques, comparaconso. Pour les livrets, ils relaient toutes les offres d’affiliation classiques : Fortuneo, Boursorama, ING Direct et Cortal Consors. Pour l’anecdote, ils relaient toujours l’offre (arrêtée) sur le livret d’épargne de Monabanq, mais si vous suivez leur lien, vous obtiendrez une documentation sur le compte courant de Monabanq.
JeChange.fr édité par la société JeChange SA. Là encore, un site basé uniquement sur l’affiliation. Le site couvre l’internet, les crédits, l’assurance, le mobile, l’énergie, la banque et l’épargne. Assez efficace, une popup demande votre email dès l’arrivée et un numéro de téléphone est disponible des fois qu’on hésite entre une souscription chez Boursorama ou Fortuneo. JeChange a de gros moyens avec une trésorerie, à fin 2008, de 2 millions d’euros mais aussi deux exercices déficitaires (en 2008, -500KE pour un CA de 160KE, en 2007, -315KE pour un CA de 36KE).
FranceTransactions.com édité par Mon Epargne Online. Comme son nom ne l’indique pas, ce site (et tous les autres sites de son réseau, mon-epargne, comparatif-asssurance-vie, je-veux-changer-de-banque, banketto…) doit être la première audience sur la thématique de l’épargne et squatte un bon nombre de premières positions sur Google. Le site existe depuis 2003 et a donc la même ancienneté que cBanque. C’est une redoutable machine à vendre du livret. Pour l’exercice clos fin 2008 (sur 20 mois), le chiffre d’affaire est de 500KE pour un résultat de 150KE. Le site présente un nombre impressionnant de livrets avec des informations pas toujours rigoureuses.
QuelLivret.com édité par Web Usages. C’est un peu un ovni. Le site est très lent, avec des erreurs 404 (page inconnu), sans publicité et sans contenu rédactionnel.

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