Pour un boycott des Freebox filtrant la pub sur internet !

Décidément, tout le monde s’en prend à Google en ce moment. Après les éditeurs de presse qui accusent Google de profiter de leurs contenus dans Google News mais qui oublient les milliards de clics mensuels vers leurs sites. Après les services fiscaux qui dénoncent l’optimisation fiscale des géants du net mais qui oublient que les multinationales, notamment américaines, la pratiquent depuis des dizaines d’années et qu’il faudrait sans doute une harmonisation européenne pour y remédier. Voilà Free qui bloque la publicité sur internet pour essayer de faire pression sur Google.

Le même Free qui a lancé il y a un an, des forfaits de téléphonie mobile à des prix cassés, dans un show à la Steve Jobs. Très critiqué à l’époque pour les probables destructions d’emploi chez les opérateurs concurrents, il a permis une baisse des prix généralisée sur les abonnements mobiles, et, notamment sur les forfaits comportant de l’internet mobile.

Ce « roi du minitel rose », reconverti en Fournisseur d’accès internet (FAI) il y a plusieurs années avait également imposé un tarif de 29,99 euros et permis un développement concurrentiel et rapide de l’ADSL en France. C’est moins vrai aujourd’hui avec un forfait Freebox Revolution à près de 40 euros où Free le rebelle met en avant sa technologie (et le design signé Starck).

Quelle mouche a donc piqué Free pour bloquer la publicité sur internet (voir sur FreeNews) ? La cause est à rechercher du coté des négociations entre Free et Google : le FAI souhaite imposer du « peering payant » et faire payer Google pour les gros volumes de données (principalement les vidéos Youtube) passant sur son réseau. Google, de son coté, a proposé d’autres solutions d’interconnexion.

Les éditeurs internet sanctionnés !

Free a donc choisi une voie radicale, celle de bloquer les publicités sur internet pour toucher Google au porte-monnaie. Mais Xavier Niel se trompe de combat : ce n’est pas Google le plus impacté (la France, en plus, ne représente qu’une petite part de son trafic mondial) mais les éditeurs de sites internet français, tout l’écosystème des sites d’information ou des sites de services qui sont accessibles gratuitement car financés par cette publicité. C’est toute une économie qui est financée par cette publicité et des milliers d’emploi salariés qui vont avec.

En plus, de quel droit cette société qui a encouragé le piratage pendant des années au prétexte de la neutralité du net se permet aujourd’hui de filtrer certains contenus ?

Mais s’il y a un bras de fer entre Google et Free, je ne suis pas certain que ce dernier gagnera. Si le blocage des publicités (en option ou pas) est conservé sur la Freebox, les sites peuvent également bloquer les internautes en provenance d’un FAI particulier. Imaginez alors un internet où les freenautes ne pourraient plus accéder à Google, aux sites d’informations de la presse et à une multitude de sites internet indépendants…

La ministre de l’économie numérique, Fleur Pellerin, convoque ce lundi Free, les éditeurs internet (les journaux, le Geste ?) et les régies publicitaires. On verra ce que cela donne

 

Une réflexion sur « Pour un boycott des Freebox filtrant la pub sur internet ! »

  1. J’ai failli sursauter à la lecture de « [Free a] permis un développement concurrentiel et rapide de l’ADSL en France ». C’est l’aspect « concurrentiel » qui me pose problème. Depuis l’arrivée de Free, en effet, le nombre d’opérateurs a très largement baissé. Free a certainement aidé à réduire les prix de l’accès haut débit, ainsi qu’à démocratiser l’accès à Internet en France, mais n’a pas contribué au « développement concurrentiel », bien au contraire.

    Cela dit, oui, on peut bloquer les Freenautes, en particulier s’ils filtrent la publicité. J’entends que oui, contrairement à Free, on y a droit. Rien ne nous empêche d’empêcher un Internaute à consulter un contenu, d’autant qu’il est gratuit et qu’il n’y a aucun accord commercial ou contractuel entre nos sites et les Internautes.

    Free, en revanche, n’a pas le droit d’imposer un système de filtrage. Le proposer, pourquoi pas, même si je considère que cela touche au droit d’auteur, car adapter le contenu d’un site web protégé par le droit d’auteur est une atteinte à celui-ci. Mais pas l’imposer à ses clients. Il s’agit d’une atteinte à la correspondance privée, ce qui relève du pénal. Que l’option puisse être désactivée n’y change rien.

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